Témoignages

Jeudi 8 septembre 2005

Une fois de plus je sors de ma crise... je peux dire que je ne suis pas fiere de moi... j'ai tellement culpabilisé d'avoir mangé que je n'en ai rien gardé... resultat meme poids que ce matin... pourquoi je n'y arrive pas? pourquoi cette maladie de merde touche plus de personnes qu'on ne le pense? seulement, cette maladie est tellement bien cachée que personne ne s'en rend compte!!

Ca fait une demie heure que ma crise est finie, car aprés je suis allée me coucher a cause des tremblements un peu partout dans le corps... j'ai les doigts abimés de me faire gerber... la premiere peau est partie et ce n'est pas ca qui m'empêche d'arrêter, battements de coeur très rapides, sensation de vide et de bien être...

Dans ce cercle je suis née, dans ce cercle je mourrai...

Suis je vraiment malade? est ce vraiment de la boulimie? faut il que j'accepte d'etre malade? ou est ce seulement passager? toutes ces questions sont dans ma tete... peut etre que c'est juste passager et que finalement je n'ai rien... mais je ne suis pas si sure...

Mélissa

 

Par Melissa
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Samedi 10 septembre 2005

Violée a 14 ans...chute dans l'anorexie, dans la boulimie dans le n'importe quoi, crise de personne ne me comprend, personne ne n'aime, un p'tit rien devient la pire chose du monde !
me lever le matin avec une seule envie ...me recoucher !
puis une prise de conscience, l'aide de proches et des médecins et une guerison, la naissance de ma petite Axelle et hop c 'est reparti !
periode de boulimie puis apres periode de ce que j'appelle "mon ramandan surprise".
Axelle a aujourd'hui 27 mois, elle rayonne de vie, et moi ça va mieux, je me prive de manger quelquefois, d'autre je mange comme 4 mais ça va mieux !
je t'ai raconté tout ça pour que tu saches que tu n'es pas seule mais que tout comme de nombreuses personnes toi aussi tu va t'en sortir !

Séverine

Je te remercie de ton témoignage et de tes encouragements. Longue et heureuse vie à ton bout d'chou

Cléomède

 

Par Séverine
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Samedi 10 septembre 2005
Une longue traversée,   

C’était il y a dix ans. Je m’en souviens encore si fort. C’est hier. J’ai quinze ans, je me sens moins belle que ma sœur aînée, plus ronde aussi. En riant, ma mère me surnomme « mon petit gros ». Quinze ans et si avide de vivre. Et là, tout bascule. Depuis des mois en effet, j’éprouve en secret un amour fou pour mon oncle, le mari de la sœur de ma mère. Je confie mon amour à mes parents. Horreur. Scandale. On crie à l’inceste. Et mon amour ! Ils l’ont sali !! Une agitation énorme, qui me dépasse, secoue la famille. Les téléphones sonnent. Ma tante est mise au courant, elle m’insulte. Trahie, je suis trahie par les miens. Une femme naissante est mise à mort ; l’enfant se tait. Mon corps se fane, pris dans une bulle de honte. J’avais confié un secret, ils l’avaient répété. Je n’avais plus confiance en personne. Les autres me font peur.

En six mois, Je perd 10 kilos. Plus rien ne me faisait envie. Je veux disparaître. Maigrir. Maigrir, mais oui, c’est la solution. Je buvais du thé sans sucre toute la journée, et plus je maigrissais, plus je me sentais forte. C’était sournois, je n’avais pas encore conscience d’être dépendante de ce plaisir de maigrir. Inquiets par ma maigreur, mes parents me force à venir à table, à m’alimenter. Ils s’inquiètent. Car ce comportement alimentaire leur rappelle quelque chose. Comme une punition divine ! Il faut dire que l’attitude de « l’adolescente » rappelle de sombres souvenirs : il y a bien longtemps déjà, ma marraine, l’une des sœurs de ma mère, est morte, dénutrie, tuée par l’anorexie mentale. Elle mesurait 1,75 m et pesait 27 kilos.

Je crains mon père. Alors à table, je mange : j’avale, mais avec une seule idée : je vais vomir. Pendant six mois, j’ai été totalement anorexique. Tout ce qui entrait dans mon corps était du poison. Mon corps était la seule arme que j’avais trouvée contre mes parents, ma façon de dire merde à ceux qui avaient trahi mon secret. C’était une arme atroce, ils ne pouvaient pas lutter. Ma grand-mère chérie meurt, je ne verse pas une larme. Je devenais un robot. Je maîtrisais mon corps avec une force mentale absolue.

Un an plus tard, les médecins me déclarent anorexique mentale : 29 kg pour 1,58 m. Les parents sont désemparés, Je déménage à Orléans pour vivre un amour morne avec un garçon que je n’aime pas et multiplie les tentatives de suicide. Je me fichais de tout. Mon corps n’était pas alimenté, c’était l’essentiel. A travers lui, j’exprimais ma souffrance. Sans nourriture, je ne partageais rien. Mon ventre dessinait un creux vers l’intérieur. Ce ventre, centre des émotions, devait toujours être vide pour que je me sente bien. Je n’avais plus de règles, des hormones endormies et donc plus de désir.

Chaque jour, en secret, Je pense à son oncle. J’ai 22 ans et plus d’avenir. Je quitte Orléans et mon copain. Je maigris encore un peu plus chaque semaine et descends aux enfers. Un hôpital psychiatrique. Un asile avec de vrais fous. Une prison qui me casse définitivement. J’étais enfermée à double tour dans une chambre de 10 m2 . Une lucarne à la porte, comme dans les prisons. Mes parents n’avaient pas eu d’autre choix que de m’interner d’office. Je n’avais pas le droit de sortir, ni de lire, ni de téléphoner … Je devais aller au bout de moi-même. Dans cette chambre, je me laisse mourir. Chaque nuit, je rêve de mon oncle. Ma seule sortie, c’est la pesée, une fois par semaine. Dérisoire : je ne pèse rien ! Un matin, je sombre dans le coma et suis transférée dans le service de réanimation. Je pèse 22 kg, plus de cheveux, une tête qui ne tient plus toute seule, des os et des muscles qui ne me portent plus. Le contrat est là, imposé : « elle » ne sortira de l’hôpital que lorsqu’elle pèsera 45 kg. Je me suis gavée. Ça me répugnait, mais je mangeais, juste pour mettre fin au cauchemar et retrouver ma liberté. En trois mois, J’honore le contrat. Je suis sortie, mais j’étais toujours malade puisque je n’avais pas été soignée. Je rechute donc. En moins de six mois, je perds 20 kg, tout mon potassium (je vomis de plus belle), multiplie les crises de tétanie. J’ai peur. J’ai froid !

J’étais lasse des hôpitaux, des psy, des médecins… Il était évident que j’allais mourir, comme ma marraine. Huit ans de galère, de séjour à l’hôpital, de renutrition et de nouvelles plongées dans l’horreur. Je ne sais plus qui consulter, quel charlatan peut m’aider. Je suis prête à tout : compléments nutritionnels, acupuncture, homéopathie... Mais rien ne marche.

Et puis un beau matin, le hasard me tend une perche. Je le vois au loin dans la rue. Lui, mon oncle. Mon amour caché. Je ne saurais au fond jamais pourquoi, mais alors JE SAIS ce qu’il faut que je fasse. Il me faudra un an pour passer à l’acte. Un an que ma décision est prise. Toutes ces années de réflexion peut-être, de travail sur moi-même me pousse à agir. J’attends peut-être de pouvoir être sûre que j’aurais « quelqu’un à lui montrer ». Une femme retrouvée ! C’est un de ces matins du monde où la lumière est belle, éclaire le présent et jette un espoir d’avenir. Je n’hésite plus, je lui téléphone. Nous avons rendez-vous. J’y vais le cœur battant. Je l’aborde et je vois dans ses yeux que je peux y trouver ce que je cherche depuis si longtemps. Je lui raconte toute l’histoire. Je lui dis que je l’ai tant attendu, à en mourir. Je retrouve l’émotion, en fait je parle de reconnaissance. Il comprend. Je parle huit heures sans interruption. Une telle intensité dans ses regards. Il dit qu’il n’a pas osé, il dit « pardon ». Simplement. J’ai le sentiment qu’il trouve dans cette rencontre une libération. Le poids (!!) de notre « faute » devient dérisoire. C’était juste un amour impossible. Cinq mois plus tard, j’étais dans ses bras. Il faisait vibrer mon corps. Ce jour là, je devenais une femme !

Dès lors, la guérison se construit, pas à pas. Je prends les derniers kilos, je prends du poids dans ma tête, je pèse enfin quelque chose. Je peux aimer à nouveau mes proches, mes parents. J’aime enfin mon corps, j’ai confiance en lui, il s’autorégule, je l’écoute, je ne le force plus.

Que vous dire d’autre ? Plus rien de la maladie. Mais au fil des semaines, je prends conscience qu’il n’est pas l’homme avec lequel je veux construire ma vie. Il était un passage. Un désir. La pensée d’un idéal masculin dont je ne rêve plus. Nous nous sommes quittés depuis. Il a été la clé de ma guérison. Aujourd’hui, il est mon meilleur ami.

Dans quelque temps, pas trop longtemps, je voudrais un enfant. Pour emplir mon ventre de l’homme que j’aime, d’un Amour vrai de femme.

Alors, je me dis, avec un peu de regret : mon Dieu, tout ça pour ça 

 Danièle L 

Si l'auteur de ce témoignage se reconnaît merci de me le dire. J'ai trouvé ce texte sur internet

Par Danièle L
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Vendredi 23 septembre 2005

J'ai trouvé ce texte sur un forum mais je ne sais pas qui en est l'auteur, si cette personne se reconnaît, qu'elle me le dise, merci

A toutes les anorexiques et les boulimiques je voudrais leur dire qu'il faut se battre, ne pas lâcher prise.

Je suis anorexique depuis 7 ans et j'ai aujourd'hui 26 ans c'est vrai je ne mange pas normalement mais moralement je peux dire que je m'en sors bien pourtant je suis passée par des phases qui laissaient croire à tout le monde que j'allais abandonner la vie car c'est vrai j'ai eu envie de mourir de tout laisser et surtout de ne plus faire subir cette maladie à ma mère.

Sans ma maman je ne serai plus de ce monde! Mon père est décédé il y a 4 ans et demi et pour tout vous dire ça n'a pas arrangé les choses, lui par sa maladie il souffrait mais il s'en voulait de voir sa fille mourir à petit feu et surtout de rester impuissant face à tout cela.

L'anorexie les gens te disent qu'il l'a connaisse mais au fond non. Toi seule l'anorexique tu connais le mal qui te ronge et c'est un peu paradoxale de dire "te bouffe" à l'intérieur de toi même.

L'anorexique se demande chaque jour si demain ça ira mieux ou bien si ce sera pire...C'est un vrai désordre dans la tête d'une anorexique, l'anorexique est privée d'émotions, de sensations et puis les gens te disent "nous n'osons pas t'appeler "!

Trop facile. Je pense que ce qui m'aide actuellement c'est la volonté, la volonté et la rage de pouvoir montrer à des gens qui m'ont fait souffrir, humilier que je ne suis pas si folle que cela et que peut-être ce sont eux les plus cinglés. Il faut se battre de tout coeur et y mettre du sien.

Courage.

 

Par Personne
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Mardi 4 octobre 2005

J'ai honte, j'ai mal, ma glace me renvoie une image de moi digne d'un film d'horreur...je me hais, comme jamais je crois...J'ai envie de casser ce miroir, de me faire disparaitre, de me remodeler, je me dégoute...
Je me fais mal et je blesse sur mon passage, détruis des amitiés, bousille des personnes essentielles...J'ai perdu mon père, c'est certainement de ma faute, puisque d'autres après sont partis...Au lieu de rejeter la faute, je dois assumer...ça doit venir de moi

Dianoushky 

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Par Dianoushky
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Combien de temps?

Notre plus grande victoire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque fois qu'on tombe"


Confucius

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Victoire

Nous sommes en septembre 2006 et j'ai le bonheur de vous annoncer que ma fille est guérie. Je vous dis cela pour vous encourager tous. Ca a mis longtemps, très longtemps, mais nous y sommes arrivées.

Nous avons besoin de vos témoignages, vous qui vous en êtes sortis

Personne n'aime danser avec le diable 

Le petit singe là haut, il s'appelle ESPOIR 

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Une guérison complète demande, en général, 2 ans

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