Partager l'article ! L'anorexie vue à la fin du 19ème siècle: Dans la continuité des conceptions de Lasègue, Gull et Charcot, Dejerine caractérise le suj ...
Dans la continuité des conceptions de Lasègue, Gull et Charcot, Dejerine caractérise le sujet atteint d'anorexie mentale par le dégoût de toute espèce d'aliments. Il l'oppose en cela à certains états mentaux
(mélancolie, délire de persécution) où le sujet "tout en ayant faim, se refuse à manger pour des raisons
déterminées appartenant à l'ordre des idées délirantes". Janet oppose "la grande anorexie hystérique avec forte anesthésie dans laquelle la faim est si bien supprimée que la malade ne songe jamais à manger, à la
sitiergie où le refus d'aliments est en rapport avec des résolutions et des entêtements, des idées fixes. Ainsi dans les formes d'alternance de refus et d'excès alimentaires, il s'agit selon
lui "d'une maladie de la volonté" avec "perte de la fonction du réel et conservation de l'intelligence"..........
........Ainsi en est-il du cas de Nadia, longuement commenté par Janet. Celle-ci luttait contre la faim à cause de la peur obsédante de devenir grosse comme sa mère. Nadia se jurait sur la tête
de sa mère de ne pas manger, et après avoir mangé était en proie à la peur que sa mère ne meurt, ce qui arrive en réalité quand elle a 18 ans. Cet évènement joue comme le traumatisme et semble
abolir pour elle le temps. Par la suite, Binswanger a rapproché l'histoire de Nadia de celle d'Hélène W. qu'il a décrite et commentée dans une observation célèbre. Le conflit qui envahit toute
l'existence d'Hélène à l'âge de 19 ans oppose la peur de grossir et le désir de manger n'importe quoi. Les repas ne l'appaisent pas : "il reste le grand trou non rempli". "La compulsion d'avoir
toujours à penser à manger devient le coeur de ma vie, c'est comme un mauvais esprit... cela me poursuit comme les remords poursuivent un meurtrier et fait du monde une caricature". Finalement,
l'idée antérieure de suicide sera mise à exécution.
A noter que Kraepelin avait porté sur cette malade le diagnostic de psychose maniaco-dépressive et Bleuler
l'avait considérée comme une forme simple de schizophrénie.
Dr Bernard Brusset, L'assiette et le miroir
Nous sommes en septembre 2006 et j'ai le bonheur de vous annoncer que ma fille est guérie. Je vous dis cela pour vous encourager tous. Ca a mis longtemps, très longtemps, mais nous y sommes arrivées.
Nous avons besoin de vos témoignages, vous qui vous en êtes sortis
Personne n'aime danser avec le diable
Le petit singe là haut, il s'appelle ESPOIR
Commentaires