On distingue plusieurs types d'automutilation : majeure, stéréotypique, modérée, superficielle. Dans la grande majorité des cas à l'adolescence, il s'agit d'automutilation modérée superficielle. Ce symptôme est extrêmement féminin (97% des cas) et démarre souvent vers l'age de 14 ans. A 15/16 ans on estime qu'environ 10% des jeunes s'automutilent. Les adolescentes se font mal de manière délibérée et répétée (cela peut se produire 40 à 50 fois par mois). Cependant, elles n'ont pas l'intention consciente de se suicider. Les blessures qu'elles s'infligent, bien qu'impressionnantes, restent superficielles. Elles ne peuvent pas menacer le pronostic vital. La plupart du temps il s'agit de coupures (70% des cas) localisées principalement sur les avant-bras et les poignets, et de brûlures (30%)
L'adolescence est une période critique : celle de la séparation où le jeune se détache de ses parents pour devenir lui-même, pour s'habiter. Certains ont beaucoup plus de difficultés que d'autres à passer le cap de cette période charnière, entre l'enfance et l'âge adulte. Les raisons sont multiples : ils sont mal dans leur peau, ils n'arrivent pas à se structurer, à trouver leur identité tant corporelle que psychique. Ils n'ont pas de projet et n'envisagent pas l'avenir. Plus ils sont dans l'insécurité, plus de petites choses peuvent les faire basculer. Par ailleurs une enquête montre qu'un adolescent sur deux a déjà rencontré un problème important : problèmes familiaux (57%), difficultés scolaires (35%), problèmes sentimentaux (30%), psychologiques (12%) et d'addiction (12%).
Si quand ça va mal, les garçons tournent plutôt leur violence vers les autres, les filles s'en prennent à elles-mêmes à travers des comportements tels que l'anorexie, la boulimie, l'automutilation. Ces conduites différentes sont, en quelque sorte, le miroir de la société qui demande aujourd'hui aux femmes d'être toujours performantes, de prendre sur elles lorsqu'elles vont mal.
Dr Ludovic Gicquel, pédopsychiatre La pitié Salpétrière Paris
Vidéo à voir mais attention aux images
Nous sommes en septembre 2006 et j'ai le bonheur de vous annoncer que ma fille est guérie. Je vous dis cela pour vous encourager tous. Ca a mis longtemps, très longtemps, mais nous y sommes arrivées.
Nous avons besoin de vos témoignages, vous qui vous en êtes sortis
Personne n'aime danser avec le diable
Le petit singe là haut, il s'appelle ESPOIR
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