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Je n'accepterai en aucun cas que l'on donne des méthodes pour se faire vomir, vous le comprendrez aisément. Merci

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Lundi 28 décembre 2009 1 28 /12 /2009 19:26

Dans la continuité des conceptions de Lasègue, Gull et Charcot, Dejerine caractérise le sujet atteint d'anorexie mentale par le dégoût de toute espèce d'aliments. Il l'oppose en cela à certains états mentaux (mélancolie, délire de persécution) où le sujet "tout en ayant faim, se refuse à manger pour des raisons déterminées appartenant à l'ordre des idées délirantes". Janet oppose "la grande anorexie hystérique avec forte anesthésie dans laquelle la faim est si bien supprimée que la malade ne songe jamais à manger, à la sitiergie où le refus d'aliments est en rapport avec des résolutions et des entêtements, des idées fixes. Ainsi dans les formes d'alternance de refus et d'excès alimentaires, il s'agit selon lui "d'une maladie de la volonté" avec "perte de la fonction du réel et conservation de l'intelligence"..........
........Ainsi en est-il du cas de Nadia, longuement commenté par Janet. Celle-ci luttait contre la faim à cause de la peur obsédante de devenir grosse comme sa mère. Nadia se jurait sur la tête de sa mère de ne pas manger, et après avoir mangé était en proie à la peur que sa mère ne meurt, ce qui arrive en réalité quand elle a 18 ans. Cet évènement joue comme le traumatisme et semble abolir pour elle le temps. Par la suite, Binswanger a rapproché l'histoire de Nadia de celle d'Hélène W. qu'il a décrite et commentée dans une observation célèbre. Le conflit qui envahit toute l'existence d'Hélène à l'âge de 19 ans oppose la peur de grossir et le désir de manger n'importe quoi. Les repas ne l'appaisent pas : "il reste le grand trou non rempli". "La compulsion d'avoir toujours à penser à manger devient le coeur de ma vie, c'est comme un mauvais esprit... cela me poursuit comme les remords poursuivent un meurtrier et fait du monde une caricature". Finalement, l'idée antérieure de suicide sera mise à exécution.
A noter que Kraepelin avait porté sur cette malade le diagnostic de psychose maniaco-dépressive et Bleuler l'avait considérée comme une forme simple de schizophrénie.

Dr Bernard Brusset, L'assiette et le miroir

 

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Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /2009 17:07

 

Prix Renaudot Essais 2008
Ce que dit l'éditeur :
Boris Cyrulnik poursuit dans ce livre son étude de la résilience, cette aptitude à rebondir après un traumatisme (agression, catastrophe naturelle, deuil, etc.). Mais à quelles conditions la résilience estelle possible ? Boris Cyrulnik analyse ici l'une de ces conditions qui lui semble essentielle. De la même manière que saint Martin coupait son manteau pour le partager avec un nécessiteux, c'est en revêtant le traumatisé d'un « manteau de paroles » qu'on lui permet d'être résilient.
D'un côté, le récit permet de donner un sens à ce qui est arrivé et donc de ne pas sombrer dans l'absurde qui dévaloriserait à tout jamais aux yeux du traumatisé son existence. De l'autre, en étant entendu par les autres, le récit permet au traumatisé de se reconstruire à partir de son traumatisme, sans devoir l'enfouir, le nier, le cacher, ce qui là encore dévaloriserait son existence. Le récit donne donc à la fois un sens et une valeur, et l'un et l'autre sont indispensables à la résilience.
Ce livre est un livre d'espoir, d'amour de la vie à nul autre pareil, un livre de courage.
Par Cléo - Publié dans : Bibliothèque - Communauté : Médecine
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Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /2009 16:35

A Vaud, en Suisse, un nouveau centre cantonal de traitement des troubles du comportement alimentaire a été inauguré en octobre. Pour enfants, adolescents et adultes.
Pour le moment, accès au centre par le muméro de téléphone spécialisé de renseignements sur les Troubles du Comportement Alimentaire (TCA) : 0848 282 282. Les appels sont reçus par un infirmier du CTAB de l'hôpital Nestlé. En cas de besoin, il peut compter sur les cadres et chefs de cliniques (somaticiens, (pédo)-psychiatres et psychologues) pour répondre à des questions spécifiques ou pour fixer des rendez-vous.

Groupes TCC pour personnes souffrant de boulimie.
Le Service de Psychiatrie de Liaison du CHUV propose un groupe de thérapie cognitive et comportementale pour personnes souffrant de boulimie. L'indication à ce groupe est posée à l'issue d'une évaluation sur 3 séances.
Lieu: Service de Psychiatrie de Liaison, PMU, Niveau 07, rue du Bugnon 44, 1010 Lausanne
Durée: 4 mois, à raison d'une séance de 2 h/semaine
Nombre de participants: 5 à 7 personnes
Si vous êtes intéressés, merci de demander à votre médecin de nous contacter ou le cas échéant de nous joindre vous-même
Renseignements et contact : V. Savioz - 021 314 49 44 (sauf le lundi) et site web
Consultations ambulatoires et groupes pour adolescentes souffrant d'un TCA et proches

L'UMSA - Unité multidisciplinaire de santé pour les adolescents (CHUV)
Lieu: UMSA, Av. Beaumont 48, 1012 Lausanne
Renseignements et inscriptions: UMSA, Sophie Vust, psychologue - 021 314 37 60
www.umsa.ch



Consultations et groupes
SUPEA-CHUV, Lausanne
Lieu: SUPEA-CHUV, rue du Bugnon 23 A, 1011 Lausanne
Voir le site du SUPEA.

Clinique de la Métairie (leur site n'existe plus ou a changé d'adresse,  j'espère que la clinique existe toujours. Eventuellement merci de me le dire)
Avenue de Bois de Bougy
CH-1260 Nyon
T +41 22 363 20 20

A Neuchâtel :


Hôpital de la Béroche (Dès 16 ans)
2024 St Aubin-Sauges
T. + 41 32 836 42 42

A Valais :

Hôpital psychiatrique de Malévoz (Adultes)
1870 Monthey
T. +41 24 437 33 33

A Genève :

HUG : Unité de psychiatrie de liaison (UPL) Adultes
51, Bd de la Cluse
T. +41 22 382 48 70
Consultation Ambulatoire Santé Jeunes ( 12-25 ans)
HUG / 1211 Genève
T +41 22 372 33 87

Clinique Belmont
26, route de Chêne
1207 Genève
022 / 735 78 11

 

 

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Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /2009 19:30

Je vais donc parler du cas d'un jeune homme et pas d'une jeune femme car je pense que l'on peut prévoir que ces cas seront de plus en plus fréquents comme ça l'est aujourd'hui pour les femmes.
Il s'agit d'un jeune homme de 23 ans qui m'a appelé pour une anorexie. La première rencontre a été un peu particulière, elle nous indique déjà un certain rapport à la parole elle-même. Il me rappelle, juste avant l'heure du rendez-vous et me demande s'il peut venir avant, sinon il viendra à l'heure prévue, cela ne faisait pas beaucoup de différence. À l'heure initialement prévue du rendez-vous, il me rappelle et me demande mon adresse, car il est dans la salle d'attente de Paule Cacciali. Au téléphone portable il me demande mon adresse tranquillement devant les gens. Et puis il arrive et me demande d'emblée comment je vais. Tout cela en parlant facilement, sans gêne ou regret particulier de s'être trompé d'adresse. Il me dira qu'il est plutôt extraverti et n'a pas d'ailleurs de problèmes avec les autres ni avec sa famille. Nous pourrions dire qu'il n'a pas de problèmes de communication.
Il est très maigre et se plaint de crises de boulimie avec vomissements.
Dans l'enfance, il était plutôt gros, ce qui était source de moqueries et d'insultes et n'avait pas de copines. À l'adolescence, il se trouvait trop gros et a voulu maigrir, il a donc procédé par choix d'aliments à exclure, ce que nous retrouvons très classiquement chez la jeune fille. Les crises de boulimie ont commencé au cours de vacances familiales, les buffets copieux et illimités l'ont poussé à beaucoup manger. Il voulait en même temps avoir le ventre plat (pas musclé, mais plat) et a commencé donc à provoquer des vomissements. Deux choses les déclenchent, quand il mange ce qu'il considère comme interdit et qu'il appelle tabou (donc l'interdit est dans le champ de l'oralité), et la deuxième chose c'est quand la limite est dépassée. Mais cette limite est réelle. Ce qui lui permet de se rendre compte que la limite est dépassée c'est quand il a, dit-il, le ventre tendu et qu'il ne peut plus se tenir en arrière et qu'il doit se pencher pour soulager la tension. Donc, tout ceci est envisagé de façon très pragmatique, à la limite il n'y a pas de dimension symbolique.
D'emblée, il évoque un souvenir d'enfance. Ses parents sont libanais, sa mère qui est chrétienne athée, lui amenait tous les jours un petit croissant aux amandes à la sortie de l'école ou quand il devait aller chez l'orthoptiste ou chez le dentiste. Quand je lui ai demandé ce qu'il pensait de sa mère chrétienne athée et de l'incorporation du croissant, il répond simplement : le réconfort après une journée de travail, donc réconfort oral. On peut dire que là aussi, la parole est simplement un moyen de communication, il n'y a pas de reprise de la question du croissant et de la chrétienté.
Le père est chiite, athée également, alors je lui ai demandé : "et lui?" Il ne sait pas. Il n'a donc pas de problème avec ses parents, ni avec sa sœur. Mais, s'il y a un problème avec eux, qu'il ne connaît pas et qu'il faut partir de chez lui, comme sa sœur qui est plus jeune l'a déjà fait, lui le fera également. Il a fait de bonnes études et cherche du travail. Les résolutions pour ce début d'année sont: trouver un travail et la guérison.
En ce qui concerne les crises, il parle de robotisation de l'homme, il est comme télécommandé. Les crises sont planifiées, c'est un besoin : il pense au lendemain et le système se met en marche automatiquement. Il pense acheter telles choses à tel endroit pour en fait produire une crise. Il y a, dit-il, un plaisir de la crise. Il dit lui-même qu'il ne dit pas jouissance mais que c'est quand même comme avec les lois, par exemple l'interdiction du cannabis qui donne envie d'aller y voir. Et puis après les crises, il y a les vomissements. À propos de tout cela, il dit qu'il y a une force inconsciente qui le pousse, mais il parle aussi d'habitude. Il sait qu'il ne faut pas mais il y a en un qui veut. Il y a les deux côtés du cerveau, comme pour le bien et le mal, il y a l'inconscient mais ce n'est pas le sujet divisé, il y en a deux, il y a deux Uns.
On peut dire qu'il y a une force inconsciente qui le pousse, mais en fait il est très cognitiviste, elle est de la même nature que pour le bien et le mal où il y a deux côtés du cerveau. Il dit également qu'il n'est pas l'homme du juste milieu, il lui manque la ligne médiane. Il fait tout à fond jusqu'au bout mais il peut tout aussi bien ne rien faire du tout. Cela est un trait clinique très important, on retrouve souvent ce penchant pour les extrêmes où il n' y a pas de juste milieu. Cette automaticité, l'anorexique y fait également souvent référence, sous la forme d'un système, système de chiffres où tout est compté, les calories, les excrétions, mais aussi l'ensemble de la vie quotidienne, le travail, le sport...tout peut être prévu, tout peut être calculé.

J.L. Cacciali

Source

 

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Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /2009 22:10

 

Présentation de l'éditeur :

Toxicomanies, alcoolisme et autres dépendances... le même vocable d'«addictions» les réunit aujourd'hui. Par son étymologie latine, l'addiction évoque l'esclave pour dette, l'esclave par le corps, le fait de donner son corps en gage d'une dette impayée. L'addiction est-elle une nouvelle forme de la dette psychique ou engage-t-elle le corps tout entier, poussant le narcissisme jusqu'à l'extrême fragilité? Par leur parenté psychopathologique, les troubles des conduites alimentaires (notamment l'anorexie) montrent qu'il existe des «addictions sans drogue», sans prise de produits toxiques. L'anorexie ne met-elle pas en lumière l'addiction à un état qui implique le refus de toute incorporation matérielle?

Par Cléo - Publié dans : Bibliothèque - Communauté : Médecine
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Notre plus grande victoire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque fois qu'on tombe"


Confucius

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Nous sommes en septembre 2006 et j'ai le bonheur de vous annoncer que ma fille est guérie. Je vous dis cela pour vous encourager tous. Ca a mis longtemps, très longtemps, mais nous y sommes arrivées.

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